« Aller à fond, mais avec la tête »

Finaliste de la Coupe du monde d’attelage à quatre chevaux à Bordeaux, le meneur suisse Jérôme Voutaz aborde ce rendez-vous majeur de la saison avec lucidité et fierté. Entre une préparation exigeante, un niveau jamais vu et un attelage de Franches-Montagnes, il mise sur le travail collectif et des risques finement calculés.

Coupe du monde à Stuttgart 2025/2026 | ©FEI/www.sportfotos-lafrentz.de/Stefan Lafrentz

Jérôme, tu es en finale de la Coupe du monde à Bordeaux. Comment t’es-tu préparé pour ce moment phare de la saison ?

Je vais apporter quelques changements, au niveau des chevaux et aussi sur la place de concours. On verra si cela paie ou non.

Nous nous sommes entraînés tous les week-ends à Avenches avec huit chevaux. C’est un travail énorme : charger les chevaux le vendredi soir, déplacer tout le matériel, trouver des grooms disponibles chaque week-end. J’ai énormément de chance : tous mes grooms ont fait un tournus pour rendre cela possible.

J’ai aussi beaucoup de chance que ma compagne et ma fille me suivent dans cette aventure. Et je remercie mon entraîneur, qui me répète encore et encore les mêmes choses, jusqu’à ce qu’on trouve des solutions aux problèmes.

Le parcours indoor de Bordeaux ne pardonne aucune erreur. Selon toi, quelle est la clé pour réaliser un parcours sans faute avec ton attelage de Franches-Montagnes ?

C’est une question difficile. Il faut trouver les lignes idéales, doser parfaitement les freins, aller couteau entre les dents… mais avec un cerveau. L’engagement doit être total, tout en gardant une vraie maîtrise.

Avec quels chevaux et quelle stratégie vas-tu aborder la finale : plutôt de manière contrôlée ou prêt à prendre des risques calculés ?

Il faut calculer, oui, mais finalement assez peu, car le niveau n’a jamais été aussi élevé. Quatre meneurs sont pratiquement intouchables aujourd’hui.

Je vais prendre mes chevaux de têtes : Non Stop et Leon au timon, Flower et Valerio en volées. Cheval de réserve sera Fée des Moulins.

 Nous travaillons tous à 100 % à côté de notre passion. Le chemin pour arriver en finale de la Coupe du monde est long et exigeant : il faut d’abord faire partie des dix meilleurs meneurs au monde de la saison outdoor, notamment en dressage, marathon et maniabilité, puis se qualifier parmi les six meilleurs sur les dix engagés lors des épreuves indoor. Ce n’est qu’après ce parcours très sinueux que l’on peut prétendre à une place en finale de Coupe du monde.

Ensuite, il faut aussi tenir compte des moyens dont on dispose et du temps à disposition par rapport aux autres. Quoi qu’il arrive, je suis déjà fier de faire partie des six meilleurs meneurs du monde avec nos infrastructures et notre statut d’amateurs.