Kronenberg, premier grand défi de la saison pour les attelages à quatre chevaux

Le CAIO de Kronenberg (NED), qui se déroule du 15 au 19 avril, constitue une étape importante pour l’attelage suisse en ce début de saison. Avec cinq attelages à quatre chevaux au départ, la Suisse affiche une présence forte et surtout une volonté claire : construire une équipe compétitive en vue des Championnats du Monde 2026 à Aix-la-Chappelle.

Daniel Wüthrich : construire une équipe pour les grandes échéances

Le Chef d’équipe, Daniel Wüthrich, joue un rôle central dans le développement de la discipline et la structuration du groupe. Pour lui, la participation à Kronenberg est avant tout un signal positif : « C’est réjouissant de pouvoir se rendre à Kronenberg avec une équipe de cinq attelages à quatre chevaux, avec comme objectif à long terme d’envoyer une équipe aux Championnats du monde à Aix-la-Chapelle. » Au-delà du nombre, c’est la qualité du collectif qui retient son attention. Dans une discipline où la coordination et la régularité sont essentielles, l’esprit d’équipe est un facteur clé : « J’attends que nous puissions concourir avec un bon esprit d’équipe. Pour les nouveaux attelages à quatre chevaux, l’objectif est une qualification pour les Championnats du Monde et, en tant qu’équipe, un bon résultat. »

Sous sa direction, l’attelage suisse suit une stratégie claire : accompagner les nouveaux meneurs vers le haut niveau tout en visant des résultats concrets à l’international.

Yannik Scherrer : une première étape pour se situer au niveau international

Parmi les meneurs engagés, Yannik Scherrer, ancien meneur à quatre poneys et désormais engagé à quatre chevaux, incarne cette nouvelle génération en pleine progression.

Pour lui, Kronenberg marque avant tout une première confrontation après des mois de préparation : « Nous sommes très contents que tous les chevaux que nous avons entraînés cet hiver soient en forme et que nous puissions disputer notre premier concours. » Sans référence directe face à la concurrence internationale, il aborde l’épreuve avec une approche mesurée : « Nous voulons avant tout donner le meilleur de nous-mêmes et voir où nous nous situons actuellement. Nous n’avons pas encore de véritable point de comparaison, donc les résultats ne sont pas la priorité. »

Le passage à l’attelage à quatre chevaux représente un défi important, tant sur le plan technique que physique. Les dimensions, la puissance et la gestion des trajectoires changent considérablement. Yannik Scherrer décrit cette évolution avec réalisme : « Les chevaux sont plus grands et plus larges, ce qui change beaucoup de choses, notamment dans les obstacles et la gestion de l’espace. » Mais cette transition repose sur des bases solides : « Les chevaux ont déjà participé régulièrement à de grands concours avec Bruno Meier, ce qui nous a permis de progresser rapidement. Je fais confiance à mes capacités pour être précis et efficace dans la conduite. »

Une confiance qui illustre bien le travail effectué en amont et la préparation structurée de l’équipe suisse.

Si Kronenberg permet de prendre des repères, l’ambition sportive est bien présente. Pour Yannik Scherrer, l’objectif dépasse largement le cadre de ce concours : « Ce n’est pas simplement une expérience, mais un objectif sportif que nous nous sommes fixé. Une qualification pour Aix-la-Chappelle serait quelque chose de très spécial. » La perspective de participer aux Championnats du monde avec une équipe suisse compétitive constitue un moteur important pour les meneurs comme pour l’encadrement.

Dans une discipline aussi exigeante que l’attelage, le bien-être des chevaux est indissociable de la performance. Entre dressage, marathon et maniabilité, les efforts sont intenses et nécessitent un suivi attentif ainsi qu’une gestion rigoureuse de la récupération.

Le rôle clé du suivi vétérinaire

Sarah Ujvari, vétérinaire de l’équipe suisse, veille tout au long de la compétition à la santé des chevaux et à leur capacité à enchaîner les différentes épreuves dans les meilleures conditions.

Pour elle, un concours comme le CAIO de Kronenberg représente un moment clé dans la saison : « C’est l’un des premiers concours de la saison d’été, qui permet d’évaluer l’état de forme des chevaux sur l’ensemble de la compétition. »

Son attention se porte sur des moments précis et déterminants : « Je contrôle surtout les chevaux avant le vet-check, pendant et après le marathon, ainsi que le lendemain matin. Je reste bien sûr disponible tout au long de la compétition pour leur suivi et pour répondre aux différentes questions. »

La récupération constitue également un élément central pour maintenir les performances sur plusieurs jours. Plusieurs facteurs entrent en jeu : « L’alimentation est un point essentiel. Il faut veiller à une bonne hydratation tout au long de la compétition, ainsi qu’à un apport en électrolytes en cas d’efforts intenses. »

À cela s’ajoutent des gestes simples mais indispensables : « Marcher les chevaux après les efforts importants et les doucher sont également des éléments clés pour une bonne récupération. »

Enfin, la préparation en amont reste déterminante :  « Une préparation physique adaptée avant le concours permet de limiter la fatigue, d’améliorer la récupération et de réduire le risque de blessure. »

Un travail de fond, souvent discret, mais essentiel pour permettre aux chevaux et aux meneurs d’exprimer pleinement leur potentiel en compétition.