Daniela Häuptle : « Le groom est un pilier essentiel de l’attelage »

Dans l’univers exigeant de l’attelage, le regard se porte souvent sur le meneur. Pourtant, à ses côtés, un rôle est tout aussi déterminant : celui de groom. Daniela Häuptle connaît cette fonction dans les moindres détails. Meneuse expérimentée et groom passionnée, elle nous plonge au cœur d’un engagement où précision, esprit d’équipe et amour des chevaux sont indissociables.

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« Le groom soutient le meneur avant, pendant et après le concours », explique Daniela Häuptle . « Cela comprend les soins aux chevaux, la préparation du matériel, l’organisation de l’entraînement et bien sûr la présence sur le char durant les épreuves.»

Un rôle discret, mais indispensable. En attelage, la présence d’au moins un groom sur le char est obligatoire. Mais au-delà de cette exigence réglementaire, la fonction est stratégique. « Le meneur doit pouvoir se concentrer entièrement sur son parcours. Le groom lui transmet les informations importantes, par exemple sur le temps. »

Une préparation millimétrée

Avant même d’entrer en piste, le travail est considérable. « Tout suit un plan précis : les horaires d’alimentation, le tressage, les crampons, le harnachement. L’objectif est d’éviter tout stress inutile. »

Le char et les harnais sont soigneusement nettoyés et contrôlés. Daniela souligne que l’organisation en attelage est particulièrement exigeante : « Le travail est bien plus important que ce que je connaissais auparavant dans le sport équestre classique. »

Au cœur de l’action

Si en dressage la discrétion est de mise – « le groom doit rester stable pour préserver l’harmonie de l’ensemble » –, le marathon représente le véritable défi.

« En marathon, je suis en échange constant avec le meneur. Je coordonne le temps, je discute des trajectoires, j’utilise le frein de tourelle selon le terrain et je me déplace dans les virages pour stabiliser le char. »

Elle ajoute : « C’est certainement l’épreuve la plus exigeante pour le groom. »

La maniabilité demande également précision et vigilance : annoncer le temps, signaler une balle tombée. Mais dans toutes les situations, une priorité reste absolue : « Le bien-être des chevaux est toujours au centre. »

Passion et confiance

Pour Daniela Häuptle, la base de tout est claire : « Le plus important est l’amour des chevaux et de l’attelage. » Fiabilité, engagement le week-end, bonne condition physique – notamment pour les longues distances à pied dans les obstacles de marathon – sont indispensables. Mais ce qui fait réellement la différence, c’est la confiance. « Le meneur et son groom doivent pouvoir compter l’un sur l’autre à 100 %. Avant les épreuves, nous discutons précisément des informations dont il a besoin. C’est un vrai travail d’équipe. »

L’adrénaline atteint son apogée au départ du marathon. « C’est là que la tension et l’excitation sont les plus fortes. Mais ce qui me touche le plus, c’est le sentiment que les chevaux travaillent avec nous en équipe. Cet esprit d’équipe est unique. »

À celles et ceux qui hésitent encore, son message est simple : « Essayez ! Découvrez la fascination de l’attelage. Des bons grooms sont toujours recherchés, et nous nous réjouissons d’accueillir de nouveaux visages. »

Forte de son expérience en tant que meneuse et groom, Daniela Häuptle met aujourd’hui son expertise au service du développement de la discipline en Suisse. Elle a récemment rejoint le Comité Technique Attelage de Swiss Equestrian, où elle souhaite notamment s’engager pour la promotion de la relève et le renforcement du travail d’équipe au sein du sport.