We ride better together : le Western et le Reining réunis à Emmen

Bottes de cow-boy, chemises de spectacle pailletées, musique country et sports équestres passionnants : ceux qui ont assisté au Championnat Suisse de Western et de Reining à Emmen ont pu s’immerger pendant quelques heures dans un monde à part. Un environnement à la fois décontracté et ambitieux, où une chose ressortait particulièrement : le plaisir de faire évoluer ensemble les sports équestres western.

Championnat Suisse de Western et de Reining à Emmen

15 titres de Champion Suisse ont été décernés lors du Championnat suisse de Western et de Reining de cette année. Mais l’édition 2026 n’a pas été exceptionnelle uniquement en raison des résultats sportifs. Pour la première fois depuis plusieurs années, le Western et le Reining se sont à nouveau retrouvés dans le cadre d’un même Championnat Suisse. Derrière cette initiative se tenait un comité d’organisation composé de représentantes et de représentants de différents secteurs des sports western suisses.

« Je suis particulièrement fier que nous ayons réussi, après plusieurs années, à réunir à nouveau le Western et le Reining au sein d’un même Championnat Suisse. Cet événement est le résultat d'une longue période de préparation. C'est d'autant plus gratifiant d'en voir aujourd'hui le résultat : des athlètes satisfaits, de nombreux visiteurs et une manifestation qui rassemble les différents secteurs de notre sport. C'était exactement notre objectif. »

Un sport qui a évolué

L’essor du Western en Suisse ne se mesure pas seulement à un événement comme le Championnat Suisse. Sur le plan sportif également, beaucoup de choses ont changé au cours des dix à vingt dernières années.

« Le Western a beaucoup évolué. Autrefois, il était possible de concourir dans plusieurs disciplines avec le même cheval. Aujourd’hui, on observe une spécialisation nettement plus marquée, tant chez les cavalières et cavaliers et leurs chevaux que dans l’élevage. Les chevaux sont élevés et entraînés de manière plus ciblée pour répondre aux exigences de chaque discipline. Pour moi, cette évolution est un atout, car elle montre à quel point notre sport ne cesse de se développer et de se professionnaliser. »

L’éventail est donc très large : du reining au western pleasure, en passant par le ranch riding, le ranch trail, le trail ou le western horsemanship, les différentes épreuves imposent des exigences très variées au cheval et au cavalier ou à la cavalière. Pour Adrienne Speidel, cette spécialisation est également le reflet d’une évolution positive : le sport continue de se développer et gagne en professionnalisme. Dans le même temps, cela soulève une question centrale pour l’avenir : comment réussir à intéresser suffisamment de jeunes aux sports équestres western et à les fidéliser à long terme ? Dans ce contexte, la notion de « jeunes talents » est délibérément élargie au-delà des seuls enfants et adolescents. Pour Jonas Schleiniger, elle inclut également les cavalières et cavaliers adultes qui se lancent dans les sports western, souhaitent progresser et s’y établir durablement. La promotion des jeunes talents commence donc dès le plus jeune âge, mais ne s’arrête pas à une limite d’âge précise.

Décontracté, ambitieux, avec une touche de cow-boy et de cow-girl

Ceux qui étaient présents à Emmen l’ont vite remarqué : le Western et le Reining apportent une atmosphère tout à fait particulière aux sports équestres suisses.

La musique country accompagne les épreuves, les bottes et les chapeaux de cow-boy font tout autant partie du décor que les tenues de spectacle à paillettes. En même temps, dans l’arène, les cavaliers travaillent avec une grande concentration et à un niveau sportif élevé.

Adrienne Speidel et Jonas Schleiniger résument le monde de l’équitation western en trois mots : décontracté, ambitieux et, bien sûr, un peu cow-boy et cow-girl.

Derrière cette décontraction se cache beaucoup de travail. Un Championnat Suisse de cette envergure ne se met pas en place en seulement quatre jours de compétition. Un comité d’organisation important, de nombreux bénévoles ainsi que le soutien de sponsors et de partenaires sont nécessaires pour que les athlètes bénéficient de conditions optimales et que l’événement soit en même temps attractif pour le public.

Swiss Equestrian a également joué un rôle important à cet égard. Le Championnat Suisse commun était l’un des projets centraux des disciplines western en 2026 et a été soutenu en conséquence par la fédération. En amont, les règlements des Championnats Suisses ont été harmonisés. Il s’agissait en même temps de préserver les particularités et le caractère propre à chacune des disciplines western.

Ainsi, le Championnat Suisse commun va bien au-delà d’un simple événement : il représente une étape importante pour rapprocher les différentes communautés du sport western. Les différentes disciplines western forment aujourd’hui ensemble une discipline au sein de Swiss Equestrian et c’est précisément ce sentiment d’appartenance commune qui doit continuer à se développer et à se concrétiser à l’avenir.

Le slogan de cette année, « We ride – better together ! », résumait parfaitement cette idée. À Emmen, « Better together » ne désignait pas seulement le fait de monter à cheval ensemble. Cette phrase décrivait également la collaboration entre les différentes organisations, disciplines et personnes qui façonnent les sports western en Suisse. Organiser ensemble, se développer ensemble et monter ensemble.

Un centre qui vit les sports western

Seiler Quarter Horses, à Emmen, offrait le cadre idéal pour cela. Avec un manège de 38 × 76 mètres et une zone d’échauffement de 30 × 60 mètres, le centre de Chris Seiler offrait des conditions optimales pour le Championnat Suisse. Les deux manèges sont réunis sous un même toit de plus de 10 000 m², ce qui permet de disputer les épreuves quelles que soient les conditions météorologiques.

Pour Chris Seiler, l’organisation conjointe du Championnat Suisse correspondait à une idée qui avait également joué un rôle lors de la construction du centre : permettre différentes formes d’utilisation sous un même toit, tant pour les événements que pour l’exploitation quotidienne, sans jamais perdre de vue l’esprit des sports western.

Cette ambition transparaît également dans de nombreux détails du complexe. Fonctionnalité, durabilité et besoins des chevaux ont été conciliés. Cela inclut, par exemple, la collecte des eaux de pluie dans deux grands réservoirs d’un volume total d’environ 900 000 litres. À l’avenir, cette eau pourra également être utilisée, si nécessaire, pour l’arrosage des pâturages. Des abris couverts et des aires d’alimentation ont quant à eux été aménagés en tenant compte du bien-être des chevaux.

Pour Seiler, le bien-être des chevaux ne s’arrête toutefois pas à la fin de leur carrière sportive ou d’élevage. C’est pourquoi il tenait particulièrement à disposer d’un espace dédié aux chevaux à la retraite. Ceux-ci doivent pouvoir continuer à passer leurs vieux jours chez eux, dans un environnement familier et pris en charge par lui-même et sa famille.

Un Championnat Suisse avec son monde à part

Pendant quatre jours, Emmen a ainsi mis en avant non seulement la diversité sportive du Western et du Reining. Le Championnat Suisse a également montré comment cette discipline évolue : elle devient plus spécialisée et plus professionnelle, tout en restant marquée par un esprit communautaire et une culture unique.

Entre ambiance texane et musique country, chemises à paillettes, bottes de cow-boy et sport passionnant, cet événement a su rassembler et enthousiasmer tant les athlètes que le public.  C’est peut-être précisément pour cette raison que le slogan du Championnat Suisse de cette année résume le mieux ce week-end :

We ride – better together.