Swiss Breed Classic 2026 : quelles qualités font un bon jeune cheval ?

Talent, qualité des allures, aptitude à l’obstacle et morphologie harmonieux : quelles qualités un jeune cheval a-t-il réellement besoin plus tard en compétition ? Lors de différentes manifestations d'élevage, Eva Lachat a évalué les allures de base des jeunes chevaux, tandis que Stefan Meierhans s'est penché sur leurs aptitudes au saut. À l'approche du Swiss Breed Classic 2026, les deux juges nous dévoilent leurs critères d'évaluation, leur regard sur l'évolution de l'élevage équin et l'importance d'une formation respectueuse du cheval.

Aarhof’s Cappuccina CH, par Continental Blue – Candy de Nantuel – Calando II, gagnante de l’épreuve de saut en liberté lors de la Swiss Breed Classic 2025 à Aadorf. (Éleveurs et propriétaires : Willi et Martina Hartmann, Schinznach-Dorf). © Katja Stuppia

Pour les deux juges, l’évaluation commence par l’impression d’ensemble. Un modèle harmonieux, des proportions équilibrées et une belle expression jouent un rôle essentiel.

« J’observe toujours le cheval dans son ensemble », explique Eva Lachat. Elle accorde une attention particulière à une bonne orientation de l’encolure, à une belle ligne du dessus et à l’harmonie générale du modèle. Son ressenti quant au tempérament du cheval entre également en ligne de compte.

Stefan Meierhans partage cette approche. Il s’intéresse d’abord au type et à la conformation générale du cheval. Mais l’apparence à l’arrêt ne fait pas tout. « Il faut aussi voir le cheval en mouvement », souligne-t-il. Un cheval plutôt discret peut soudain révéler tout son potentiel grâce à un galop souple ou à un saut léger et élastique.

Outre le talent, d'autres qualités sont nécessaires

De bonnes allures ou des aptitudes naturelles à l’obstacle constituent une base essentielle pour une carrière sportive. Mais les deux juges sont unanimes : sans les qualités mentales nécessaires, un cheval ne pourra pas exprimer pleinement son potentiel.

Pour Eva Lachat, l’intelligence et la volonté de collaborer font toute la différence. « Il existe beaucoup de chevaux de qualité, mais cela ne sert à rien s’ils ne veulent pas jouer le jeu. » La facilité sous la selle, l’équilibre et un bon mental sont également déterminants à ses yeux.

Stefan Meierhans insiste lui aussi sur l’importance du caractère. Outre le talent naturel, de bons réflexes et une bonne technique de saut, un cheval de Saut doit faire preuve de courage, de volonté et de combativité. C’est la combinaison de ces qualités qui fait un bon cheval de sport.

« Il faut aussi voir le cheval en mouvement ».

Que peut-on déjà observer chez un cheval de trois ans ?

La Swiss Breed Classic offre l’occasion d’évaluer les aptitudes naturelles des jeunes chevaux. Mais dans quelle mesure peut-on déjà se prononcer sur leur avenir à cet âge ?

Eva Lachat observe particulièrement la qualité de la locomotion, l’équilibre et la stabilité. Des allures spectaculaires ne suffisent pas à la convaincre. L’essentiel est que le cheval soit capable de stabiliser son tronc et de se déplacer avec équilibre, tout en conservant une locomotion fonctionnelle.

Lors du saut en liberté, Stefan Meierhans évalue non seulement les moyens et la technique à l’obstacle, mais aussi le courage, le respect de la barre et le sens de l’obstacle. Comment le cheval réagit-il face à un environnement inconnu ? Est-il déjà capable de gérer ses distances ? Autant d’observations qui fournissent de précieuses indications sur ses aptitudes naturelles.

Les deux juges soulignent que le développement d'un cheval est loin d'être achevé à l'âge de trois ans. La formation, l'expérience et la maturité individuelle influencent considérablement la manière dont un cheval évolue et le potentiel qu'il pourra développer par la suite.

La santé, fondement d’un élevage réussi

Au-delà des aptitudes sportives, le modèle et les aplombs jouent un rôle important pour la santé et la solidité du cheval à long terme.

« De bons aplombs constituent certainement un avantage majeur pour préserver la santé des chevaux », explique Eva Lachat. Une conformation correcte facilite également le travail et la progression du cheval. Stefan Meierhans souligne lui aussi que les défauts d’aplombs peuvent accentuer l’usure des structures locomotrices, tandis qu’un modèle fonctionnel favorise la longévité sportive.

En matière d’élevage, les deux juges s’accordent également sur un point : la qualité des souches maternelles et un choix judicieux de l’étalon sont essentiels. L’important est de sélectionner un étalon adapté à la jument, dont les qualités permettent de compenser certaines faiblesses et d’améliorer les caractéristiques recherchées.

L’élevage moderne entre spécialisation et facilité sous la selle

Les exigences envers les chevaux de sport ont évolué. Stefan Meierhans constate notamment une spécialisation croissante dans le Saut. Alors qu’autrefois, l’objectif était souvent de produire un cheval de selle polyvalent, certains stud-books privilégient aujourd’hui des aptitudes exceptionnelles à l’obstacle.

De son côté, Eva Lachat observe que les chevaux sont devenus plus athlétiques, plus mobiles et parfois aussi plus sensibles. Mais un cheval aux allures spectaculaires n’est pas nécessairement facile à travailler ou à monter.

Son objectif d’élevage reste donc clair : produire des chevaux sains, harmonieux, dotés de bonnes allures, d’un tempérament équilibré et d’une grande facilité sous la selle. Des chevaux qui puissent également faire le bonheur des cavalières et cavaliers amateurs.

« C’est toujours le cheval qui détermine le rythme de sa formation. On ne peut pas brûler les étapes ».

C’est le cheval qui dicte le rythme de sa formation

Un sujet tient particulièrement à cœur aux deux juges : les jeunes chevaux ont besoin de temps pour se développer, tant physiquement que mentalement.

Avec les chevaux particulièrement talentueux, la tentation est grande d’en demander trop, trop tôt, explique Eva Lachat. Elle privilégie donc un travail varié, alternant séances de formation, sorties en extérieur et périodes de récupération. Stefan Meierhans souligne également l’importance d’une progression adaptée à chaque cheval pour préserver sa santé et favoriser son développement à long terme.

« C’est toujours le cheval qui détermine le rythme de sa formation. On ne peut pas brûler les étapes », résume Eva Lachat. Une conviction que partage également Stefan Meierhans.

Swiss Breed Classic 2026 : à la découverte des talents de demain

Qu’est-ce qui distingue un bon jeune cheval ? Pour Eva Lachat et Stefan Meierhans, les aptitudes naturelles, la santé, la volonté de collaborer et le caractère doivent former un ensemble cohérent.

La Swiss Breed Classic 2026 sera l’occasion de découvrir ces qualités chez les jeunes chevaux présentés. Car au-delà de ce qu’ils montrent aujourd’hui, c’est surtout leur potentiel futur qui compte : un potentiel qui pourra pleinement s’exprimer grâce à la patience et à un travail adapté.