Les chevaux dans l'armée suisse : aperçu de deux fonctions particulières

Les chevaux font encore aujourd'hui partie intégrante de l'armée suisse. Lors de la journée portes ouvertes, les visiteur·euses ont eu l’occasion de découvrir de près le travail des militaires et de leurs chevaux. Du quadrille de dressage et de saut d’obstacles à la démonstration des maréchaux-ferrants militaires, en passant par le travail avec les chevaux et les mulets de train et les cavalier·ères patrouilleur·euses, ce programme varié a montré quelles tâches les chevaux assument au sein de l’armée – et quelles possibilités s’offrent aux passionné·es de chevaux pour allier leur service militaire à leur passion.

– Tribune –

Lieu de l’événement : Sand, Schönbühl. Les recrues présentent, avec leurs chevaux demi-sang, un quadrille de dressage et de saut d’obstacles. On constate ainsi que, même dans le contexte militaire, une bonne formation des chevaux et des cavalier·ères, ainsi que la complicité entre les humains et les chevaux, constituent une base essentielle.

Une démonstration des maréchaux-ferrants militaires a ensuite donné un aperçu d’un autre aspect du monde équestre. Parallèlement, les visiteur·euses ont pu échanger directement avec des membres de l’armée et en apprendre davantage sur leur quotidien, leur formation et leurs expériences. Un autre temps fort a suivi avec la présentation des chevaux et des mulets de train ainsi que des cavalier·ères patrouilleur·euses.

Cavalier·ère patrouilleur·euse : quand le cheval rencontre la technologie moderne

L’une des façons de concilier le service militaire avec l’équitation et les chevaux est de devenir cavalier·ère patrouilleur·euse. Dans ce cadre, le cheval et son ou sa cavalier·ère interviennent ensemble et assument notamment des missions de surveillance dans un secteur attribué.

C’est justement sur des terrains accidentés ou à visibilité réduite que les chevaux présentent des avantages particuliers : ils peuvent se déplacer plus rapidement qu’une patrouille à pied tout en restant relativement silencieux. Aujourd’hui, l’armée suisse associe en outre ces atouts traditionnels à la technologie moderne. Lors de missions de reconnaissance, par exemple, on utilise des drones équipés de caméras thermiques sont utilisés et permettent de détecter, de nuit, des personnes ou des animaux sur le terrain. La patrouille à cheval et le drone se complètent ainsi pour la surveillance de vastes zones.

Pour que cette collaboration fonctionne, les chevaux doivent également être préparés en conséquence. Les nouveaux bruits et mouvements, provoqués par exemple par un drone, leur sont dans un premier temps inhabituel. S’habituer à de telles situations fait donc également partie de la formation. Environ 16 recrues sont formées pour devenir cavalier·ère·s patrouilleur·euses dans chaque école de recrues.

Les possibilités d’intervention montrent qu’il ne s’agit plus depuis longtemps uniquement d’équitation classique. Les chevaux sont notamment utilisés là où leur mobilité sur le terrain offre des avantages, par exemple pour la surveillance de vastes zones ou d’infrastructures critiques. Environ 250 chevaux sont encore en service aujourd’hui au sein de l’armée suisse.

Pour les cavalier·ères patrouilleur·euses, cela signifie que les humains et les chevaux doivent fonctionner comme une équipe, être capables de gérer différentes situations tout en s’intégrant dans un concept d’intervention militaire moderne.

Soldat·e du train – travail avec les chevaux et les mulets de train

La fonction de soldat·e du train offre une deuxième possibilité. Le travail pratique avec les chevaux et les mulets de train est au cœur de cette activité. Les animaux peuvent être déployés là où le terrain ou les conditions rendent difficiles l’utilisation d’autres moyens de transport.

Ce travail exige donc un grand sens des responsabilités. L’approvisionnement, les soins, la préparation et la conduite des animaux en font partie, tout comme la collaboration au sein de la section. Ceux et celles qui aiment travailler concrètement avec les chevaux et ne s’intéressent pas uniquement à l’équitation bénéficient ici d’un aperçu particulier d’un domaine de l’armée dans lequel le cheval continue de remplir une mission concrète.

Une tradition au service d’une mission moderne

La journée portes ouvertes a clairement montré que les chevaux ne représentent en aucun cas uniquement une tradition au sein de l’armée suisse. Leurs capacités particulières continuent d’être exploitées de manière ciblée – aujourd’hui, parfois en combinaison avec des technologies de pointe telles que les drones et les caméras thermiques.

Que ce soit comme cavalier·ère patrouilleur·euse en selle ou comme soldat·e du train travaillant avec des chevaux et des mulets de train,les jeunes passionné·es de chevaux disposent de différentes possibilités pour mettre à profit leur expérience et leur enthousiasme pour les chevaux, même pendant leur service militaire. Ce ne sont pas seulement les compétences équestres et pratiques qui sont recherchées, mais aussi le sens des responsabilités, l’esprit d’équipe, la flexibilité et la volonté de s’adapter aux exigences particulières du quotidien militaire.