« L'Attelage est un sport de sensation, pas un sport de force ! »

Martin Wagner a fait de la qualité, de la relation avec le cheval et de la sensibilité ses maîtres mots dans la discipline de l'Attelage. Ancien meneur international d'attelage à quatre chevaux, il est resté au sein de Swiss Equestrian en tant que formateur, expert et responsable technique. Il contribue ainsi de manière décisive au développement de la discipline en Suisse – et, avec le nouvel examen de licence MB5, envoie un signal clair en faveur de plus de structure, de sécurité et d’une véritable compréhension du cheval.

Martin Wagner | ©Nicole Basieux

Martin, comment ce nouvel examen de licence a-t-il vu le jour ?

L’examen de licence précédent, également appelé Multitest MB4, existait depuis 2006. Dans le cadre d’une refonte, on m’a demandé de prendre en charge la responsabilité technique et de perfectionner l’examen. Mon objectif était un examen combiné clairement structuré, composé des disciplines du dressage et du parcours de maniabilité. L’idée d’une solution sous la forme d’un examen court de niveau L n’était, à mon avis, pas assez précisément définie.

Avec le soutien de Federica Giovannini, responsable des disciplines équestres non olympiques, ainsi que de Bettina de Rham, responsable de la formation chez Swiss Equestrian, le nouveau test MB5 a vu le jour. Il entrera en vigueur en 2026 : ce test consiste en un programme de dressage court combiné à des portes de maniabilité placés de manière ciblée dans le même carré pour le parcours d’obstacles. Cette épreuve est polyvalente : elle peut servir non seulement d’examen de licence, mais aussi pour des coupes, des épreuves pour débutants ou des épreuves destinées aux meneurs licenciés avec des chevaux jeunes ou inexpérimentés.

Qu’est-ce qui est particulièrement important pour toi dans la formation ?

Une formation structurée et cohérente est essentielle. En tant que maître boulanger-pâtissier, je me suis déjà beaucoup intéressé aux systèmes de formation et j’ai constaté des lacunes évidentes dans le domaine de l’Attelage. C’est pourquoi j’ai développé, en collaboration avec ma fille Bettina Wagner, un support pédagogique pour la formation de base qui fait aujourd’hui partie du concept de formation national. Depuis 2018, nous organisons des cours adaptés pour les formateurs et les experts.

Notre objectif : une formation uniforme et de haute qualité dans toute la Suisse. L’accent est mis sur la sécurité, le maniement correct du cheval, la connaissance du matériel et le comportement éthique. Les meneurs doivent pouvoir évoluer dans l’espace public de manière compétente, responsable et respectueuse des chevaux.

Le sport de compétition te manque-t-il ?

Je repense à 18 années intenses passées dans le sport de l’attelage à quatre chevaux, riches en expériences marquantes. Je ne voudrais pour rien au monde avoir manqué cette période. Aujourd’hui, cependant, je ne ressens plus le besoin de mener moi-même activement. Je reste toutefois en contact avec le milieu – grâce à des rencontres, à ma famille et à mon activité d’officiel. En tant que juge, je reste proche de l’action et je vis les sports équestres sous un autre angle.

Qu’est-ce qui est déterminant pour les débutants ?

Pour les débutants en Attelage, ce qui est déterminant, c’est le plaisir d’être avec les chevaux et de mener. La connexion via les guides, la voix et le fouet comme aides à la communication – cette interaction subtile – est au cœur de la pratique. Tout aussi important est le plaisir de partager des moments ensemble dans la nature, que ce soit avec des amis ou en famille.

Que souhaites-tu pour le monde de l’Attelage en Suisse ?

Du respect envers tous ceux qui pratiquent ce sport – indépendamment de l’âge, du talent ou de l’ambition. Le sport de masse ne doit pas être négligé. Parallèlement, il faut une formation d’entraîneur solide et respectueuse.

Dans le sport de haut niveau, je souhaite un professionnalisme sans compromis en matière de bien-être des chevaux ainsi que de l’équité dans les relations entre les uns et les autres. Et : davantage d’attention portée à l’élégance et à l’esthétique – des qualités qui ont parfois été reléguées au second plan par les règlements.

Pourquoi l’Attelage te passionne-t-il ?

La fascination pour l’Attelage m’accompagne depuis mon enfance. Je rêvais déjà de l’Attelage quand j’étais petit garçon, à l’époque où j’avais le droit de monter dans l’attelage de la minoterie qui venait de temps en temps livrer de la farine à notre boulangerie. Bien que je ne vienne pas d’une famille de cavaliers, j’ai saisi chaque occasion – notamment grâce à mon cheval de l’armée – pour progresser dans cette voie. À 45 ans, j’ai réalisé mon rêve de pratiquer l’attelage à quatre chevaux.

Jusqu’à aujourd’hui, je suis impressionné par la finesse et la précision que peut atteindre la communication avec un ou plusieurs chevaux. Lorsque cette interaction fonctionne, il en résulte une véritable unité. Dommage que je doive parfois constater avec déception que certains meneurs n’ont sans doute pas encore pu vivre cette sensation. Mon principe reste le même : l’Attelage est un sport de sensation, pas un sport de force.

Que signifie pour toi le lien avec le cheval ?

Il est essentiel. J’ai un grand respect pour le cheval et j’ai eu la chance d’apprendre auprès de nombreux animaux exceptionnels. Les erreurs font partie du jeu – l’essentiel est d’en tirer des leçons, et j’espère sincèrement qu’ils ont pu me pardonner. La communication subtile et quotidienne avec le cheval est quelque chose qui touche profondément le cœur et va bien au-delà de l’aspect sportif.