Les Jeux Olympiques de la Jeunesse rassemblent de jeunes athlètes du monde entier pour une expérience sportive unique. À Dakar, les épreuves de Saut se dérouleront du 3 au 6 novembre 2026. Au total, 24 cavalières et cavaliers de moins de 18 ans participeront aux compétitions par équipes continentales et individuelles.
Mais ici, les chevaux seront mis à disposition et attribuées par tirage au sort. Les jeunes athlètes devront donc apprendre à connaître rapidement leur nouveau partenaire avant de se lancer sur les parcours.
Une particularité qui rend le rôle du chef de piste encore plus important. Comment imaginer un tracé à la fois technique, équitable et adapté à des couples qui viennent tout juste de faire connaissance ?
Pour le découvrir, nous avons rendu visite à Gérard Lachat dans ses écuries à Bellelay. Plan de piste à l’appui, le chef de piste suisse nous a expliqué, étape par étape, les réflexions qui se cachent derrière chaque obstacle.
Gérard, qu’est-ce qui rend cette expérience à Dakar si particulière ?
C’est une nouvelle expérience ! J’ai déjà eu l’occasion de me rendre à Dakar pour un concours test. Ce qui me plaît, c’est de découvrir d’autres mentalités, d’autres façons de travailler et un environnement différent du nôtre.
Sur le plan sportif, la particularité est que les jeunes cavaliers monteront des chevaux qu’ils ne connaissent pas. Il faut donc imaginer des parcours qui leur permettent de trouver rapidement leurs repères.
Comment commence la création d’un parcours pour un événement de cette envergure ?
Tout commence par le règlement de la FEI ! Pour la première qualification, je peux prévoir jusqu’à douze obstacles, avec un triple ou deux doubles, une hauteur de 1,20 mètre et un tracé de 500 à 600 mètres.
Ensuite, je prends mon plan de piste et je commence à dessiner. Je réfléchis à l’emplacement des obstacles, aux distances et aux courbes. Chaque détail a son importance.
Pourquoi accordes-tu autant d’attention au premier obstacle ?
Parce qu’il donne le ton du parcours ! Je souhaite que les cavaliers puissent prendre un bon départ avec leur nouveau cheval. Je réfléchis donc à un emplacement qui leur permette d’aborder le premier obstacle aussi bien à main droite qu’à main gauche.
La suite doit être fluide, avec de grandes courbes et suffisamment d’espace pour retrouver son galop. L’objectif n’est pas de piéger les cavaliers, mais de voir comment ils s’adaptent à leur monture.
« Un mètre peut tout changer »
Et si tu dois déplacer un obstacle au dernier moment ?
Ce n’est jamais une décision anodine. Cela peut arriver si l’état du terrain l’exige, mais les modifications doivent être effectuées avant le départ des concurrents.
Déplacer un obstacle d’un seul mètre peut déjà modifier une distance dans une courbe et changer le nombre de foulées. Il faut donc être très précis pour garantir des conditions équitables à tous.
Les parcours sont-ils déjà entièrement définis avant la compétition ?
Le tracé de base sera préparé à l’avance, mais je pourrai encore adapter les parcours suivants après avoir observé les premières épreuves.
Cela me permettra de mieux comprendre comment les chevaux et les cavaliers évoluent ensemble. C’est aussi cela, le métier de chef de piste : savoir observer et s’adapter.
« Le moment le plus stressant ? Le départ du premier cavalier ! »
À quel moment ressens-tu le plus de pression ?
Au début de l’épreuve ! Une fois le parcours construit, je suis plutôt serein. Mais lorsque les premiers cavaliers entrent en piste, j’attends de voir si tout se déroule comme je l’avais imaginé.
Existe-t-il un parcours parfait ?
Je pense que oui, mais pas forcément pour tout le monde ! Un parcours peut me sembler parfait, être apprécié par certains cavaliers et poser davantage de difficultés à d’autres.
L’essentiel est de proposer un tracé juste, adapté au niveau des participants et qui permette aux chevaux de bien sauter.
Le Suisse Mike Smits, âgé de 16 ans et originaire de Chevenez, participera aux Jeux Olympiques de la Jeunesse.