Quand élégance rime avec adrénaline

Les 4 et 5 octobre, le Zurich Working Equitation Masters fera vibrer la scène équestre suisse avec deux journées intenses, alliant élégance, adrénaline et grand spectacle. À la fois championnat suisse et seule manche qualificative WAWE du pays, l’événement rassemble l’élite de la discipline. Une expérience inoubliable à vivre, que l’on soit passionné ou simple curieux.

Concours de Working Equitation à Grüningen (ZH), du 4 au 6 juillet 2025 | © Katja Stuppia

Le Zurich Working Equitation Masters attire chaque année un public toujours plus large, combine sport de haut niveau, convivialité et découvertes équestres. Il s’agit non seulement du championnat suisse de la discipline, mais aussi du seul concours de qualification WAWE (World Association for Working Equitation) organisé en Suisse. Cela signifie que les cavaliers peuvent y décrocher leur billet pour les Championnats du Monde de 2026 à Jerez de la Frontera, en Espagne, dans le cadre prestigieux de la Real Escuela Andaluza del Arte Ecuestre.

Pour mieux comprendre cette discipline encore jeune mais en plein essor, nous avons rencontré Kenneth Kronenberg, président de Swiss Working Equitation et du Zurich Working Equitation Masters. Passionné, engagé et visionnaire, il nous dévoile ce qui rend la Working Equitation unique, et pourquoi le Zurich Masters est bien plus qu’une simple compétition : une véritable célébration de l’élégance, de la complicité et de l’action.

Pourrais-tu expliquer en quelques mots ce qu’est exactement la Working Equitation, pour quelqu’un qui ne connaît pas encore bien la discipline ?  
La Working Equitation est une discipline moderne qui plonge ses racines dans l’équitation de travail européenne. Au cœur de tout, on trouve la relation harmonieuse entre le cheval et le cavalier. Le cheval doit être bien formé, polyvalent et obéissant, capable d’évoluer avec précision et élégance aussi bien en dressage que dans des épreuves de maniabilité ou de vitesse. C’est une discipline passionnante, facile à comprendre pour le public et ancrée dans la pratique équestre.

Concrètement : qu’est-ce que le Zurich Working Equitation Masters et que signifie la qualification WAWE ?  
Le Zurich Working Equitation Masters est l’événement phare de cette discipline en Suisse. C’est à la fois le championnat national officiel et le seul tournoi qualificatif reconnu par la WAWE. Chaque pays ne peut organiser qu’une seule épreuve de ce type par an, ce qui rend le Zurich Masters unique. Les cavaliers qui y participent peuvent ainsi se qualifier pour les Championnats d’Europe et du Monde. Mais ce n’est pas seulement une compétition : l’événement se veut aussi une fête pour tous. On y retrouve toutes les catégories, de la classe E à la Masterclass S, ainsi qu’une épreuve spéciale pour les enfants de 5 à 12 ans. Les spectateurs pourront aussi profiter de foodtrucks, d’un pop-up shop équestre de seconde main et de la présence de marques reconnus. Le samedi soir, un dîner-spectacle avec des numéros de dressage artistique, de feu, de liberté et même une reprise de Grand Prix vient couronner la journée.

Quelles épreuves ou disciplines principales sont mises en avant ? 
La Working Equitation repose sur trois épreuves principales, parfois quatre. Il y a le dressage, qui se déroule dans le rectangle selon les codes classiques. Vient ensuite le parcours de maniabilité, ou Ease of Handling, où le cheval et son cavalier doivent franchir des obstacles variés comme des portes, des ponts ou des slaloms, évalués par des notes de 1 à 10. À cela s’ajoute le Speed Trail, un parcours similaire mais chronométré, où la vitesse et la précision font le spectacle. Enfin, la discipline inclut aussi la Rinderarbeit, le travail du bétail, surtout sur la scène internationale, mais cette épreuve est devenue plus rare et n’est plus obligatoire pour se qualifier.

En quoi cette discipline se distingue-t-elle des sports équestres plus connus comme le dressage classique ou le saut d’obstacles ? 
La différence majeure réside dans la polyvalence. Contrairement au dressage classique ou au saut, la Working Equitation demande au cheval non seulement de se déplacer avec élégance et correction, mais aussi de résoudre des situations pratiques : ouvrir une porte, franchir un pont, effectuer des virages serrés. Et tout cela sans sacrifier la finesse du dressage, puisque des exercices de haut niveau comme les pirouettes au galop ou les changements de pied en série apparaissent dans les parcours. Ce qui rend cette discipline si attrayante, c’est qu’on peut y réussir avec n’importe quel cheval, pas uniquement avec ceux qui possèdent des allures exceptionnelles.

Quels avantages apporte-t-elle aux cavaliers, aux chevaux et aussi au public ? 
Pour les cavaliers, c’est un entraînement varié qui développe équilibre, précision et sérénité. Pour les chevaux, c’est une activité complète qui stimule autant le corps que l’esprit, sans tomber dans la monotonie. Et pour le public, c’est un sport à la fois élégant et spectaculaire, compréhensible même pour ceux qui n’ont aucune expérience équestre.

Cette discipline est-elle également accessible aux amateurs ou surtout réservée aux cavaliers de haut niveau ? 
La Working Equitation est ouverte à tous. Les cavaliers débutants peuvent commencer dans les classes E ou A, avec des exercices simples, tandis que les plus expérimentés évoluent jusqu’à la Masterclass S, où le niveau est international. C’est cette diversité qui fait la richesse de la discipline : chacun peut y trouver sa place, progresser et découvrir un nouveau rapport avec son cheval.

En savoir plus sur la discipline 

La Working Equitation trouve ses racines dans les traditions équestres du travail dans le sud de l’Europe : Espagne, Portugal, France, Italie. Autrefois, les vaqueros andalous, les gardians de Camargue, les campinos portugais ou les butteri italiens utilisaient le cheval pour conduire le bétail, ouvrir ou fermer des barrières, mener des troupeaux sur de grands pâturages, ou séparer un animal pour le marquer ou le soigner.

À mesure que l’agriculture, les usages et les modes de vie évoluaient, beaucoup de ces pratiques traditionnelles se perdaient. La Working Equitation est née dans les années 1980-1990 d’un désir de préserver ces savoir-faire, de les structurer, et de les rendre accessibles non plus seulement comme patrimoine rural mais comme discipline sportive.

Aujourd’hui, elle rassemble des cavaliers de divers horizons autour d’un règlement commun (dressage, maniabilité, vitesse, parfois travail du bétail) et met en valeur non seulement la performance mais aussi la relation cheval-cavalier, l’agilité, le respect, la précision – tout en restant fidèle à une dimension traditionnelle.